Je n’ai pas étudié à la Femis ou fréquenté Louis Lumière.

Je n’ai pas de parents producteurs.

Je n’ai pas pratiqué la photographie dès mon plus jeune âge.

Je sors rarement le soir pour aller « me faire une toile ».

Je ne porte pas de lunettes à montures carrées.

Mais j’ai de l’appétit pour la peinture et l’art contemporain ; j’ai étudié la philosophie (plus particulièrement l’esthétique), ainsi que les arts plastiques à l’université.

Un jour, j’ai réalisé que même quelqu’un comme moi pouvait travailler « dans le cinéma » alors c’est ce que j’ai fait. Quand ce travail manquait de vérité, je faisais un heureux détour par le documentaire et m’y sentais chez moi. Je me remplissais aussi un peu les poches au passage sur les rives obscures de la publicité mais n’y faisait pas long feu (n’amasse pas mousse). Puis je rêvais de construire mes propres objets, plastiques de préférence, pour être plus libre sur le fond aussi.

Mon oeil se comporte parfois comme une mâchoire. Et mon âme, d’une gourmandise aigüe, ne se lasse pas de regarder, de regarder.